Aventuredutrain

Aventure du Train

Installez cette application sur votre écran d'accueil pour un accès rapide et facile

Appuyer sur Share Puis “Sur l'écran d'accueil”

Pierre-Louis Gillet (1805-1866), vingt-neuf ans au service de la ligne pionnière

Il y a 160 ans, le 19 mars 1866, disparaissait à L'Aigle, dans l'Orne, Pierre-Louis Gillet. Il avait 60 ans, à quelques mois de son soixante et unième anniversaire. Ancien élève de l'École des Mines de Saint-Étienne, il avait consacré l'essentiel de sa vie professionnelle à un seul et même objet : la première ligne de chemin de fer de France et d'Europe continentale.

1825 : l'arrivée d'un homme de 20 ans

Gillet rejoint la Compagnie du chemin de fer de Saint-Étienne à la Loire en 1825, deux ans avant l'ouverture commerciale du 30 juin 1827. Il a tout juste vingt ans. Il arrive dans une entreprise en construction, sous la direction de Louis-Antoine Beaunier, l'ingénieur fondateur qui a convaincu les concessionnaires du projet et conduit les travaux. C'est à son côté que Gillet apprend le métier, sur le terrain d'une ligne qui n'a pas encore transporté un seul wagon de charbon.

Il n'en partira plus.

Vingt-neuf ans de mutations

Quand Louis-Antoine Beaunier quitte la Compagnie pour rejoindre le Conseil d'État à Paris, puis lorsque Firmin Beaunier, son frère, cède à son tour la direction, Gillet reste. Il traverse toutes les phases de la ligne : les débuts de la traction hippomobile, avec ses chevaux tirant trois wagons de charbon vers le port d'Andrézieux ; l'ouverture aux premiers voyageurs payants en 1832 ; les crises techniques et financières des années 1830 et 1840. En 1843, les registres de la Compagnie le mentionnent explicitement dans l'état du personnel de direction : "Combe, directeur, Gillet, ingénieur."

Quand Combe s'enfuit en 1845 en emportant une somme considérable avant de la restituer, c'est Gillet qui assure la continuité technique de la ligne. Puis arrive le passage aux locomotives à vapeur en 1844 (sept machines au total, des Schneider, une Hick, des Koechlin, des Clément-Désormes) avant la fusion des trois compagnies stéphanoises en 1853.

Un journal de l'époque le salue quelques jours après sa mort : "il a donné quarante ans de sa vie aux chemins de fer."


Nécrologie publiée le 25 mars 1866
dans le Mémorial de la Loire


Une carrière nationale après la ligne pionnière

La fusion de 1853 ne met pas fin à la carrière de Gillet, elle l'élargit. Au sein du Grand-Central, il prend la tête du service de la 3e division de Rhône et Loire. Puis il est nommé comptable principal, attaché à la construction des chemins de l'Ouest. L'expertise acquise sur la ligne pionnière lui a ouvert les portes d'un réseau en pleine expansion nationale. C'est dans ce cadre qu'il s'établit finalement dans l'Orne, loin du territoire ligérien qui avait occupé ses meilleures années.

Andrézieux, sa dernière demeure

Son corps, parti de L'Aigle, fut rapatrié à Andrézieux. C'est ici que ses enfants étaient nés, pendant les années où il dirigeait la ligne. C'est ici qu'il repose.

Sa pierre tombale se trouve au cimetière de la commune. Elle figure aujourd'hui parmi les vestiges et éléments commémoratifs officiellement recensés de la première ligne,  au même titre que le pont du Bois-Monzil, plus ancien pont ferroviaire d'Europe continentale, que la plaque sur l'ancienne gare du port, ou que le rail à ventre de poisson retrouvé dans les sables du Furan et exposé à L'Aventure du Train.

Une rue d'Andrézieux porte son nom. C'est celle que vous empruntez en petit train lors de votre balade vers le terminus historique de la ligne.

 

Un homme dans notre spectacle

Pierre-Louis Gillet est présent dans notre spectacle immersif. Parce que cette ligne n'a pas seulement été inventée par Beaunier et Gallois. Elle a été tenue, défendue, vécue pendant près de trente ans par des hommes comme lui, dont l'histoire s'écrit moins facilement que celle des fondateurs, mais sans qui rien n'aurait duré.

 

 

Olivier Rousseau
Directeur de L'Aventure du Train

 

Monument funéraire du cimetière d'Andrézieux